• Faut-il supprimer l'ONU ?
Faut-il supprimer l'ONU ?

Faut-il supprimer l'ONU ?

Depuis la fin de la Guerre froide et plus encore le 11 septembre 2001, le monde est confronté à des déséquilibres croiss ants et le droit international est de plus en plus bafoué. Eprouvée par l'échec somalien, le conflit yougoslave, le génocide rwandais, la guerre d'Irak, l'ONU est de plus en plus marginalisée ou concurrencée sur le terrain du maintien de la paix par des organisations régionales occidentales comme l'Union européenne ou l'OTAN. Elle n'a, par ailleurs, su apporter aucun règlement à la principale cause de radicalisation du monde musulman, la question israélo-palestinienne. Dans ces conditions, l'ONU a-t-elle encore un avenir ? Les principales forces transatlantiques, qui l'avaient initiée à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la considèrent désormais comme un obstacle à la poursuite de l'élargissement d'une mondialisation qu'elles entendent contrôler à leur profit. L'auteur pose ici de manière synthétique les enjeux géopolitiques de la réforme de l'ONU et propose des pistes refondatrices. Extrait du livre : I - Sécurité collective, souveraineté des États et droit de la guerre 1.1 - Souveraineté nationale et sécurité collective Malgré la mondialisation économique et la généralisation des menaces, la souveraineté nationale demeure la pierre angulaire du système international. Les guerres ont été l'un des fondements de cette souveraineté. Mais le développement des armes de destruction de masse a rendu les conflits insupportables. En ce sens, l'arme nucléaire a constitué l'ultime stade technologique des hommes dans la course aux armements. Pour encadrer le recours à la force, le droit inter­national s'est développé. Il encadre l'usage de la force dans un système de sécurité collective, c'est-à-dire des mécanismes de garantie mutuelle de sécurité. Ces mécanismes sont mutualisés entre les États et inscrits dans un pacte. La sécurité collective signifie donc que la sécurité internationale n'est plus seulement garantie par les puissances souveraines, mais par un système global. Elle apparaît en Europe pendant l'entre-deux-guerres. Les fondements de la sécurité collective sont le respect du droit international et le règlement pacifique des différents qui figure en toutes lettres dans le chapitre VI de la charte des Nations unies. Depuis la création de l'ONU en 1945, toutes les tentatives pour rendre obligatoire le règlement pacifique des différends ont échoué, laissant libre les États de faire jouer les rouages de la puissance dans le système international. La première organisation de sécurité collective est la Société des nations. Après son échec dans l'entre-deux-guerres, l'ONU naît en 1945 pour combattre la guerre et éviter le retour d'un nouveau conflit mondial. Le maintien de la paix constitue donc son objectif ultime. À l'opposé de la sécurité collective se trouve la souveraineté nationale qui structure les relations internationales. Les grandes puissances se sont d'ailleurs constituées à une période où la souveraineté allait de pair avec la sécurité. Ces deux fondements étaient les garanties de la stabilité des affaires internationales. La souveraineté nationale était considérée, en théorie, comme parfaitement égalitaire entre les États. Elle était en réalité par nature inégalitaire. Néanmoins lorsque la SDN fut constituée, chacun des États membres se vit attribuer un droit de vote équivalent au nom de la théorie de la souveraineté nationale. Voir la suite

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